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San Marino, vous connaissez ?

A l’occasion de la remise de la médaille de la Ville par le Maire de Crolles au Secrétaire d’État aux affaires étrangères de Saint Marin dimanche 12 février 2017, nous vous proposons de revenir sur l’histoire du troisième plus petit État d’Europe, fortement représenté dans la vallée du Grésivaudan au fil des migrations. Et pour ce faire, nous sommes allés rencontrer Éliane RASTELLI, consul honoraire de Saint Marin à Grenoble…

 

La plus ancienne des Républiques modernes

L’histoire de Saint Marin débute en l’an 301, avec l’arrivée de Marinus, pieu marchand expatrié de sa Dalmatie natale à l’orée des grandes persécutions chrétienne du début du 4è siècle, et qui se réfugia avec quelques fidèles sur le Mont Titanus. C’est au sommet de cette grande falaise surplombant l’Émilie-Romagne du haut de ses 700 mètres que la future Cité-État fut fondée.

Et c’est sur son lit de mort que Marinus, pas encore canonisé, mit en garde ses concitoyens contre l’aliénation de leur liberté, que ce soit par le pouvoir séculier comme par le pouvoir spirituel qui se partageaient l’Italie d’alors. Ce sont donc ces derniers commandements qui forgèrent l’indépendance de Saint Marin et de ses habitants, tout comme son goût pour la liberté, et qui perdurent jusqu’aujourd’hui.

Napoléon en a d’ailleurs fait les frais lors de sa campagne d’Italie. Recherchant le soutien de la Cité pour appuyer ses forces armées, en contreparties de canons et d’un accès permanent à la mer, les Saint Marinais se sont bien gardés d’accéder à ses demandes. Et c’est notamment cette neutralité qui leur a permis de conserver au fil des siècles cette indépendance et cette autonomie tant appréciée.

Reproduction au consulat de la fresque murale peinte par Émilio Retrosi en 1894 dans le Consiglio Grande e Generale – Apparizione di San Marino al suo popolo

Une organisation institutionnelle atypique

Saint Marin est donc une enclave, c’est-à-dire un État ne partageant ses frontières qu’avec un seul autre État. Située à quelques kilomètres de Rimini, au sud de Venise et à l’est de Florence, la Cité fait figure de dernier vestige des Villes-États d’antan. C’est donc un véritable État, qui entretient d’ailleurs des relations diplomatiques avec de nombreux autres pays, et qui siège également à l’ONU et dans de nombreuses autres organisations internationales et qui dispose de ses propres lois.

Et si l’État de Saint Marin reste d’une taille raisonnable en matière de superficie et de population, ça ne l’empêche pas de se targuer d’être le précurseur de nos démocraties modernes. Et c’est d’ailleurs son modèle intentionnel si particulier qui lui a permis de rentrer au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.

Saint Marin est donc une République parlementaire. Tous les 5 ans, les citoyens votent pour élire leurs représentants au parlement, le Consiglio Grande e Generale, qui eux même nomment tous les six mois deux capitaines régents qui représentent la population et sont politiquement responsable devant elle de leurs actions.

 

Nicola Rezi, Secrétaire d’État de Saint Marin, et Philippe Lorimier, Maire de Crolles lors de la remise de la médaille de Ville

Une forte communauté de Saint-Marinais dans le Grésivaudan

Il faut savoir en préambule que la communauté des Saint-Marinais de l’Isère, principalement basée dans le Grésivaudan, est la deuxième plus importante en France après l’Île de France. L’histoire de ces migrations remonte à peu près au même moment que l’immigration italienne, principalement entre les deux guerres mondiales du 20è siècle, et après la seconde guerre mondiale. A la suite de difficultés économiques, et dans le contexte politique que l’on connait, plusieurs familles se sont arrachées à leurs terres, pour s’installer dans les bassins économiques français qui recrutaient alors. C’était le cas ici, dans le triangle Crolles – Froges – Villard-Bonnot, grâce à l’essor des industries papetières et des carrières. Les conditions de vie étaient alors particulièrement difficiles, et de nombreux arrivants ont fait face à un racisme certain, qui touchait par ailleurs l’ensemble des travailleurs immigrés de l’époque.

Aujourd’hui, cette communauté, entretient toujours des liens forts avec Saint Marin, à travers son consulat, mais également l’Association de Saint Marin qui organise de nombreuses festivités à l’occasion de la Saint Agathe ou de Noël par exemple. Près de 500 personnes originaires de cet État vivent aujourd’hui en Isère, dont une grande partie sur les communes de Crolles, Froges et Villard Bonnot.

 

Éliane Rastelli, Consul honoraire de Saint Marin

Nous remercions très chaleureusement Éliane Rastelli, Consul honoraire de la République de Saint Marin, qui nous a ouvert les portes du consulat et nous permis de vous retranscrire la riche histoire de cet État.

 

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