Ville de Crolles
A découvrirLes artistes s'invitent à l'école

Les artistes s’invitent à l’école

Partager la culture avec le plus grand nombre. Donner envie, faire rêver… et faire se rencontrer les artistes et leur public. C’est pour répondre à cette volonté politique que le service culturel de la commune a développé les résidences de proximité, sous plusieurs formes.  En début de saison, les habitants relais ont adopté un artiste pour 3 ou 4 jours. Aujourd’hui, ce sont les écoles qui entrent en scène. Début janvier, elles ont accueilli Claire la chanteuse, Tayeb le danseur, Stracho le musicien et Heiko le comédien. Objectif de leur intervention : la co-construction d’un projet, qui sera ensuite présenté dans chaque école juste avant les vacances d’avril. Tournée de culture !  

 

Pour faciliter la navigation à travers ce (long) (mais beau) reportage, nous vous proposons ce sommaire qui vous emmènera directement dans les écoles visitées par les artistes en résidences. Le voici donc :

Et pour en savoir plus sur cette opération de résidence d’artistes chez l’habitant, n’hésitez pas à vous reporter au site internet de la Ville de Crolles en suivant ce lien.

 

Des machines du futur avec Heiko

Né en Allemagne, féru de théâtre mais aussi de psychologie et de sociologie, Heiko Buchholz fait réfléchir les enfants à travers ses pièces de théâtre. « J’aime avoir une approche poétique et scientifique de la culture ».  En lien avec leur instituteur, Nicolas Meilland, les enfants de la classe de CE2-CM1 de l’école Cascade ont réfléchi à la machine du futur qu’ils aimeraient  inventer. Un stylo qui corrige toutes les fautes, une machine pour se téléporter, une télévision dans laquelle on peut glisser la main et attraper les produits dont elle fait la publicité, un robot qui fait les devoirs, … les idées ne manquent pas ! Après avoir choisi un projet par groupe, négociation et persuasion oblige,  les enfants ont dessiné leur machine.  Puis choisi les pièces pour la fabriquer parmi les matériaux de récupération qu’Heiko avait ramené. « Imaginer une machine du futur va au-delà du simple jeu, explique l’artiste. Les enfants font travailler leur imagination bien sûr, mais c’est aussi leur manière de dire comment ils se projettent dans notre monde, les valeurs qui sont importantes pour eux. C’est une façon de parler de ce qui restera, de ce qui peut disparaître. » Pour leur professeur, c’est également une manière ludique de continuer à travailler sur les mots, « alors oui, nous sommes partants bien sûr ! ».

 

 

 

Léandra et Léo hésitaient entre une machine qui corrige les fautes et une télé qui créé les produits qu’elle montre en image.

 

Théo rêvait d’une machine à fabriquer les bonbons. Léana voulait un robot qui lui obéisse au doigt et à l’œil.

 

Difficile de choisir les pièces de la future machine pour Valentin, Alicia, Elie et Louis…

 

Une « machine qui fabriquerait ce qu’elle lirait dans nos pensées », l’ambitieux projet de Raphaël, Hajar, Adèle et Camille.

 

La machine d’Elsa, Nahel, Eloïse, Romain et Gaspard voyagera dans le temps, c’est sûr.

 

Il s’agit maintenant d’assembler les pièces dans le bon ordre… Clarysse, Guilhem, Jules, Diego et Alexandra ont encore du pain sur la planche !

 

 

 

Des envolées lyriques avec Claire

 

Chanteuse, comédienne et metteure en scène, Claire Delgado Boge a foulé les grandes scènes de Paris et de province et évolue dans une discipline bien particulière : l’art lyrique.

C’est aux écoles Chartreuse et Ardillais qu’elle est allée à la rencontre de tous les élèves, du plus petit au plus grand, pour faire découvrir une facette du chant peu connue du public. « Il est vrai que l’art lyrique et l’opéra semblent réservés à une élite, explique Claire. En partageant mon expérience, j’espère réussir à les démystifier ».

La musique apporte beaucoup aux enfants, l’artiste en est certaine. Cordes vocales, respiration, résonance, les jeunes apprentis chanteurs ont découvert les mécanismes du chant en expérimentant avec leur corps, guidés par Claire et ses impressionnantes envolées cristallines. Car le chant lyrique est un art très technique que Claire a peaufiné tout au long de sa carrière. « J’aime transmettre mon expérience en intervenant auprès des amateurs ou professionnels, petits ou grands et cela nourrit mon travail. Avec eux, je ne perds jamais l’aspect artistique et musical. Mon objectif premier est de leur faire sentir ce plaisir de la musique et de l’interprétation du chant ».

 

Les bouches s’ouvrent, les corps s’animent, les voix s’échauffent et s’accordent et … place au chant ! Les enfants ont alterné vocalises, exercices gestuels et fini par répéter une chanson travaillée en classe avec Odile Regnier, enseignante et responsable de la chorale de l’école.

Pour Claire, ces rencontres peuvent être une réponse à la baisse de fréquentation des salles de spectacle. « La télévision et les émissions comme The Voice prennent le pas sur le spectacle vivant, évoque-t’elle. Ces échanges sont pour nous l’occasion de semer des graines, d’inviter les enfants à s’intéresser à l’art pour leur donner envie d’aller voir des spectacles ». À la vue de leurs mines réjouies, on parierait presque qu’ils s’y rendront en chantant.

 

Faire une « tête d’indien », passage obligé pour apprendre à bien laisser sortir sa voix.

 

A, E, I, O, U… Les enfants révisent même leur alphabet !

 

Créer une balle invisible avec sa voix, la faire passer à son voisin sans jamais briser le chant. Pas si facile !

 

 

Un zapping sonore avec Stracho

Guitariste, percussionniste, compositeur et arrangeur, Stracho Temelkovski est multi instrumentiste. Installé sur la région, il puise sa créativité dans ses racines macédoniennes et s’inspire du jazz qui est sa formation de départ. La musique qu’il joue est  influencée par des harmonies balkanes, latines et orientales. Avec son trio, il se produit sur de nombreuses scènes à travers le monde et cultive les résidences avec différents partenaires. Avec l’école des Sources il démarre un projet de « zapping sonore ». Une expérience atypique et fédératrice : « La scène est mon métier mais les rencontres et les échanges avec tous les publics me passionnent, explique le musicien. Si aujourd’hui je suis avec les élèves de CM2, les autres jours je rencontre les différentes classes de cette école car il s’agit bien d’un travail d’équipe avec l’ensemble des enseignants. La séance va commencer par une sensibilisation à mon univers musical, puis ensemble nous produirons du son avec l’objectif dans quelques temps de monter une batterie géante humaine avec toutes les classes de l’école. ». Après quelques intermèdes musicaux, Stracho a très vite mis les enfants dans le bain en les initiant au beatbox : «  Toum tata tata toum tcha… » et s’est livré sur ce chœur rythmique à quelques joyeuses improvisations avec sa guitare.

En deuxième partie d’atelier, les élèves sont passés au micro de Stracho pour exploiter un travail réalisé en classe avec leur enseignante : « Nous travaillons sur un projet d’autoportraits, explique l’enseignante, Laurence Waldteufel, un travail d’écriture, de productions plastiques et de productions sonores avec Stracho. Ce projet qui associe toutes les classes sera restitué au mois d’avril à l’occasion d’une fête. »  Les élèves ont donc fait un essai d’enregistrement, une matière que l’artiste se propose d’enrichir avec eux pour créer une sorte de zapping sonore : « A partir de leur portrait je leur ai demandé pour la prochaine fois de travailler sur la musicalité des mots, d’évoquer leurs origines diverses, au besoin de les traduire dans d’ autres langues pour obtenir une matière qui, comme la musique que je joue, s’inspire de différentes cultures ».

 

Découverte du beatbox avec Stracho. Les élèves ont vite pris le rythme !

 

Le musicien a présenté aux enfants son Udu, un instrument d’origine indienne fabriqué sur mesure pour Stracho par un luthier français. L’artiste joue également du Mandole, une guitare algérienne à 10 cordes.

 

Les élèves sont venus déclamer leur autoportrait au micro. Un début de matière sonore.

 

Lucille et Lomane ont terminé la séance tout sourire : » Ah ouiii c’était bien ! Faire de la musique juste avec ses mains et la voix. C’est nouveau pour nous. »

 

 

De la danse environnementale avec Tayeb

Danseur chorégraphe depuis plus de 30 ans, et formateur également, Tayeb Benamara est issu du mouvement hip hop des années 80. En solo ou avec des compagnies il s’est produit sur les plus grandes scènes internationales et au fil de ses rencontres collabore sur des projets de danse contemporaine en se passionnant pour la danse environnementale : «  Ce qui m’intéresse c’est l’expression du corps spontanée en rapport à son environnement et ses propres ressentis… »  Ainsi avec les élèves de l’école des Clapisses, Tayeb a proposé un travail autour de la danse en lien direct avec l’espace et l’imagination. Ce jour là le danseur intervenait avec les grandes sections de maternelle et pour capter leur attention il est parti du jeu -1, 2, 3, soleil – : «  Tous les enfants connaissent, alors je leur propose de danser librement sur la musique en utilisant tout l’espace et au moment où je leur fait signe de s’arrêter, ils se retrouvent dans des attitudes surprenantes souvent très expressives. On essaie de tenir les postures, de jouer avec des grimaces ». Et puis Tayeb utilise des mots codés comme «  nuage » pour les faire danser de façon plus vaporeuse et les enfants se laissent porter par leur imagination et s’expriment spontanément avec leur corps.

Comme les autres artistes sur ce projet, Tayeb mêlera sa discipline aux autres arts : « J’ai l’idée d’utiliser des dessins d’enfants comme source d’inspiration un peu comme une partition de danse… à voir ! » Et pour clore la séance le danseur demande aux enfants de terminer sur un petit rituel qu’il a mis en place avec eux depuis le début : « On se frotte les mains, on se frotte les cuisses, et on mime un coureur qui fait du sur place au ralenti d’abord et on accélère progressivement… » Les élèves ont pris le pli et jouent le jeu avec beaucoup d’entrain.